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Comment se reconvertir sans économies ?

Depuis le début de la crise, vous cogitez et vous vous demandez si votre travail vous plaît vraiment ? Vous avez envie de le quitter pour vous livrer à un job qui vous passionne ou avez dû le quitter et pensez maintenant à vous reconvertir ? Si la crise peut freiner vos ambitions, sachez qu’il n’y a jamais de moment idéal, sans aucun obstacle, pour se langer dans un tel projet ! En revanche, les problématiques liées au financement, qu’il s’agisse d’une nouvelle formation ou simplement de la baisse de rémunération des premiers mois, peuvent souvent paralyser. Alors, comment financer sa reconversion quand on n’a zéro économie ?

1. Se poser les bonnes questions

Avant toute chose, il faut être sûr de son choix, et pour cela, se poser les bonnes questions. Prenez le temps d’une petite introspection pour analyser la situation.

  • Dois-je me reconvertir ou juste changer d’entreprise ?
  • Faut-il que je reprenne une formation longue ou existe-t-il des passerelles plus courtes entre mon activité actuelle et celle que je vise ?
  • Est-ce qu’une Validation des Acquis par l’Expérience (VAE) pourrait répondre à mon besoin ?
  • Combien de temps puis-je tenir sans rémunération ?
  • Mon envie de reconversion implique-t-elle une création d’entreprise ?

Pour vous aider à y répondre, vous pouvez réaliser un bilan de compétences, qui vous aidera à y voir plus clair sur vos envies et vos savoir-faire. De nombreux organismes proposent cet accompagnement professionnel. Vous pouvez par exemple contacter un organisme de votre région pour obtenir des conseils et un suivi : l’AFPA, le CNAM, le réseau GRETA, etc. Vous pouvez trouver un organisme proche de chez vous : ici. Autre option, faites appel à Pôle Emploi ou à l’APEC pour réaliser une évaluation des compétences et des connaissances professionnelles.

2. Choisir le bon moment

Profitez par exemple des indemnités liées à la fin de votre contrat de travail (salaire, indemnité de congés payés, primes éventuelles, heures supplémentaires…). Si vous avez signé une rupture conventionnelle, celle-ci donne droit à une indemnité de rupture et permet aussi de bénéficier des allocations chômage. Ces dispositifs vous aideront à maintenir votre niveau de vie, vous évitant ainsi de manger uniquement des pâtes pendant les premiers mois de votre reconversion.

Bonne nouvelle, depuis le 1er novembre 2019, la réforme de l’assurance chômage ouvre le droit au chômage à certaines personnes démissionnaires. Celles-ci doivent notamment « satisfaire des conditions d’activité antérieure spécifiques (non communiquées pour le moment, ndlr) et poursuivre un projet de reconversion professionnelle nécessitant le suivi d’une formation ou un projet de création ou de reprise d’une entreprise. » Pour pouvoir prétendre à cette allocation chômage, vous devez avoir démissionné de votre CDI avec le 31 octobre 2019, avoir eu une activité salarié pendant cinq ans (chez un ou plusieurs employeurs), et avoir un projet de reconversion réel et sérieux.

Aspect très important également : le soutien de vos proches dans cette nouvelle aventure. Assurez-vous de pouvoir compter sur votre famille ou votre conjoint(e), d’un point de vue moral déjà, mais aussi financier car votre reconversion impactera forcément votre mode de vie, et donc le leur, si vous vivez avec eux.

3. Se faire accompagner

Ne faites pas ça tout(e) seul(e). Chaque envie de reconversion est différente et dépend du parcours de chacun. Il est essentiel de se faire accompagner dans cette phase, qu’il s’agisse de formation, de problématiques entrepreneuriales ou de financement !

Annie Cerbelle, Responsable du pôle “conseil en ingénierie financière” chez Transitions Pro (ex Fongecif), explique qu’il est essentiel pour elle de prendre en compte l’individualisation des parcours. Cela lui permet de mieux comprendre chaque projet et donc de conseiller au mieux chaque personne sur les aides financières qui s’offrent à elle : « Il faut d’abord penser “projet” et voir quel est le meilleur moyen pédagogique pour y arriver parce que la formation n’est pas une fin en soi. Il est essentiel de discuter avec la personne souhaitant se reconvertir et voir avec elle ce qu’il est possible d’articuler parmi tous les dispositifs existants, à la fois en termes de formation et en termes de financement. »

Pour certains, projet de reconversion rime avec création d’entreprise. Pour se lancer dans le grand bain de l’entrepreneuriat, il est là aussi essentiel de se diriger vers les bons interlocuteurs : les Chambres de Commerce et d’Industrie ou la Chambre des Métiers de l’Artisanat de votre région vous accompagnera dans la construction de votre projet. Pour les aides au financement, tournez-vous vers les réseaux Initiative France, France Active ou Entreprendre. Là aussi, l’écosystème est riche, tous sauront vous rediriger vers la bonne personne en fonction du stade d’avancement de votre projet.

4. Profiter d’aides financières pour se former

Utiliser son CPF pour financer une formation courte

Et si votre future formation était prépayée ? Tout au long de notre vie, nous cumulons, sur notre Compte Personnel de Formation, des crédits de formation en euros. Ces crédits sont utilisables quelle que soit notre situation : demandeur d’emploi, en CDI, CDD, auto-entrepreneur… Chaque année travaillée permet d’acquérir automatiquement 500 € de formation, dans une limite de dix ans. Si l’on travaille à temps partiel, le calcul se fait au prorata. C’est votre employeur qui déclare ces crédits, vous n’avez donc qu’à vous connecter sur votre Compte Personnel de Formation pour y avoir accès et les utiliser. En fonction de la durée de la formation, il vous faudra peut-être financer un complément si vous n’avez pas encore cumulé beaucoup de crédits CPF.

Se faire financer une formation longue

Encore un bon plan pour faciliter l’acquisition de nouvelles compétences ! Avec Transitions Pro, les salariés (en CDI ou en CDD) peuvent financer des formations plus longues grâce au PTP, le projet de transition professionnelle. Cette aide permet de financer des formations dans tous les métiers, à condition qu’elles soient reconnues et certifiantes. Le montant dépend de la durée de formation demandée par la personne. Le PTP peut financer des formations d’un an, deux ans, trois ans ou plus.

Se former dans son entreprise

Et, donc, rester en terre connue ? Vous pouvez également évoluer au sein de votre entreprise. Les entreprises ont l’obligation de former leurs collaborateurs pour le maintien de leur employabilité. Dans le cadre du plan de développement des compétences (qui a remplacé le plan de formation depuis le 1er janvier 2019) les salariés peuvent suivre des formations à l’initiative de leur employeur, par opposition à celles qu’ils peuvent suivre grâce à leur CPF. Il est possible de réaliser ces formations en situation de travail (FEST), en présentiel ou à distance. Dans ce cadre, votre rémunération est maintenue, les frais de formation sont à la charge de l’entreprise et la plupart du temps, la formation se fait sur le temps de travail. En revanche, le choix de la formation n’est pas forcément le vôtre (on ne peut malheureusement pas tout avoir…). Profitez de votre entretien annuel individuel pour faire part à votre employeur de vos besoins de formation pour tenter de bénéficier de la formation la plus adaptée à votre souhait de reconversion.

5. Suivre des MOOCS

Le web regorge de ressources et de cours en ligne passionnants ! Les plateformes de MOOCs comme Coursera, OpenClassrooms, Learn Assembly, Fun Mooc… vous permettront d’apprendre à votre rythme, à distance et hors de vos temps de travail, sur des sujets qui vous plaisent. Beaucoup de ces formations en ligne sont quasi-gratuites, certifiantes et de plus en plus valorisées sur les CV. Une bonne façon d’occuper intelligemment vos week-ends et soirées de libre à construire votre projet sans pression.

Certains organismes de formation et d’aide à la reconversion ont également créé leur MOOC pour apprendre à se reconvertir : Switch Collective pour “accélérer ton switch”, Service Compris, dédié aux reconversions dans la restauration, ou encore Ticket for Change qui accompagne les premiers pas dans l’entrepreneuriat social.

6. (Re)mettre un pied dans l’entreprise

Faire un stage

Vous pensiez être trop vieux pour ça ? Sachez qu’il n’y a pas d’âge pour faire un stage et dans certains cas, cela peut s’avérer stratégique ! En France, la condition pour pouvoir effectuer un stage est d’être conventionné, c’est-à-dire de pouvoir délivrer à son futur employeur une convention de stage signée par un organisme de formation. Dans le cadre d’une reconversion, les formations en cours du soir avec des organismes comme le CNAM peuvent être de bonnes solutions, permettant à la fois de maintenir son emploi en journée dans un premier temps et d’obtenir une convention pour réaliser un stage dans un second temps. Cela demande toutefois beaucoup de travail et d’engagement, surtout au début pour cumuler travail et formation.

Pour découvrir un métier ou confirmer un projet professionnel, il existe aussi l’option de la Période de Mise en Situation en Milieu Professionnel (PMSMP) qui permet de réaliser un stage d’une durée maximum d’un mois. Pendant cette sorte de stage accéléré, vous n’êtes pas employé par la structure d’accueil et donc non rémunéré. Mais si vous êtes salarié, vous retrouvez votre poste à l’issue de la période et conservez votre rémunération le temps de la PMSMP. Idem si vous êtes au chômage, le régime d’indemnisation ne change pas pendant cette période. La PMSMP vous permet donc de découvrir un métier ou une entreprise sans prendre de risque financer. Pour bénéficier de ce dispositif, il faut s’adresser à Pôle Emploi.

Reprendre une formation en alternance

Alterner formation et expérience professionnelle permet plus facilement de s’auto-financer. Les contrats de professionnalisation prévoient une rémunération au SMIC pour les personnes de 26 ans et plus, leur salaire ne pouvant pas non plus être inférieur à 85 % de la rémunération minimale prévue par la convention collective de l’entreprise. Concernant le coût de la formation, il est généralement entièrement pris en charge par les Opérateurs de Compétences (OPCO), des organismes qui accompagnent les salariés dans le bouclage de leur demande de formation. Une option gagnant-gagnant pour votre entreprise d’accueil comme pour vous.

La clé pour réussir une reconversion sans économies est donc d’anticiper ! Renseignez-vous, anticipez les coûts et gardez en tête qu’une reconversion est tout de même synonyme de perte de pouvoir d’achat les premiers temps. Si ça ne vous fait pas peur, alors lancez-vous — tout en gardant à l’esprit que même si une multitude d’aides existent, cela reste un investissement personnel. À vous de trouver la solution la plus adaptée à votre projet.

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Photo by WTTJ

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