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Reconversion professionnelle : comment financer son projet ?

L’épidémie du coronavirus a chamboulé le mode de vie des Français. Pour de nombreux salariés, le confinement a fait émerger (ou confirmer) l’envie de changer de métier et entamer notamment une reconversion professionnelle. Mais une reconversion professionnelle ne s’improvise pas. Cette dernière soulève plusieurs questions et des préoccupations tournées essentiellement autour du financement. Heureusement, il existe de nombreuses aides et dispositifs qui permettent de financer une reconversion professionnelle, en partie ou en totalité. 

Se reconvertir lorsqu’on est salarié

Depuis le confinement, la reconversion professionnelle semble intéressée de plus en plus de Français. Envie de changer de travail, désir de booster sa carrière professionnelle, ou encore simple besoin d’être en phase avec ses valeurs…, nombreuses sont les raisons qui poussent les salariés à se reconvertir et à changer de métier. Mais abandonner son emploi et s’engager dans une nouvelle voie implique parfois la prise en compte de plusieurs paramètres dont l’un des plus importants demeure l’aspect financier. Si certains porteurs de projet peuvent choisir de s’auto-financer, cela reste toutefois une option difficilement accessible à tous. Pour accompagner les entrepreneurs pour qui le financement peut s’avérer être un réel frein, de nombreux dispositifs adaptés à chaque situation existent. 

Démissionner pour entreprendre, et toucher les allocations chômage

Promesse de campagne du président Emmanuel Macron, le droit aux allocations chômage pour les salariés démissionnaires est désormais possible depuis le 1er novembre 2019. En effet, depuis l’entrée en vigueur de cette loi dite « Avenir professionnel », un salarié démissionnaire pourra être indemnisé à condition qu’il présente un projet de reconversion professionnelle nécessitant une formation ou un projet de création ou de reprise d’entreprise. Le projet de reconversion professionnelle du démissionnaire devra, toutefois, être jugé réel et sérieux par la Commission Paritaire Interprofessionnelle Régional (CPIR) et le Fongecif. Pour cela, l’employé en voie de démission, devra préalablement solliciter un accompagnement au titre du Conseil en Evolution Professionnelle (CEP) pour la mise en place du projet et construire un véritable plan d’action.

>> Lire aussi : L’aide financière pour la création d’entreprise en 2020

L’ARCE, Aide à la reprise et à la création d’entreprise

Proposée par Pôle Emploi, l’ARCE a pour objectif d’encourager l’entrepreneuriat en France. Assujettie à certaines conditions, l’ARCE est un dispositif qui offre aux demandeurs d’emploi l’opportunité de disposer de leurs allocations chômage sous forme de capital afin de financer plus facilement leurs projets, ou de conserver le versement classique des allocations pendant un certain temps. Dans le cas où le créateur d’entreprise fait le choix d’un versement sous forme de capital, le montant de l’ARCE Pôle emploi qu’il percevra sera équivaut à 45 % du montant total des allocations chômage non encore perçues par le demandeur. Le versement de l’Aide à la reprise ou à la création d’entreprise se fait en deux fois, à six mois d’intervalle. Le porteur de projet devra se rapprocher de son conseiller Pôle Emploi pour connaître les différentes modalités pour percevoir cette aide.

Dans le cadre d’une reconversion professionnelle, les aides varient selon les profils. En effet, les demandeurs d’emploi et les salariés ne bénéficient pas des mêmes dispositifs ni des mêmes aides pour se lancer dans un projet de reconversion professionnelle. Pour les salariés, il existe plusieurs dispositifs destinés à les accompagner dans leur reconversion professionnelle : 

CPF : Compte Personnel de Formation 

Mis en place depuis le 1er janvier 2015, le CPF (Compte Personnel de Formation) est un organise qui permet de financer les formations dont souhaiterait bénéficier un salarié. Autrefois calculé en volume horaire, le CPF est depuis la Loi “Pour la liberté de choisir son avenir professionnel”, calculé en euros. Ainsi, chaque année, le compte est crédité de 500 € (pour un travail à temps plein) avec un plafond 5000 €.  Ce montant est de 800€ pour un salarié non qualifié (avec un plafond de 8000 €). L’avantage majeur de ce dispositif est que le salaire est maintenu lors d’une formation faite avec le CPF. Une aubaine pour les porteurs de projet désireux d’entreprendre une reconversion professionnelle et qui peuvent ainsi profiter de ce dispositif pour renforcer leurs compétences en vue de leur prochaine fonction. 

Le CPF de transition professionnelle 

Anciennement CIF (Congé Individuel de Formation), le CPF de transition professionnelle est un dispositif mis en place le 1er janvier 2019 et qui permet à tout salarié au cours de sa vie professionnelle de suivre à son initiative et à titre individuel, une formation longue en vue d’une reconversion professionnelle. La durée de la formation varie en fonction du projet ciblé. Pour en bénéficier, le salarié (en CDI) qui prévoit d’entamer une reconversion professionnelle doit justifier d’une ancienneté de 24 mois, discontinue ou non, dont 12 mois dans la même entreprise, quelle que soit la nature des contrats de travail successifs. Le CPF de transition professionnelle est également accessible aux salariés en CDD, durant son contrat ou pendant une période de chômage. Ces derniers devront, cependant, se prévaloir d’une ancienneté en qualité de salarié de 24 mois, consécutifs ou non, au cours des cinq dernières années, dont quatre mois en CDD, consécutifs ou non, au cours des 12 derniers mois. Le salarié en CDD doit toujours l’être au moment du dépôt de son dossier et débuter sa formation dans les six mois qui précèdent la fin de son dernier contrat en CDD. 

Pour enclencher le CPF de transition professionnelle, il convient de se rapprocher du service des Ressources Humaines de son entreprise, de l’OPCA (Organisme Paritaire Collecteur Agrée) dont dépend l’employeur ou directement d’un organisme de formation.

Reconversion par l’alternance

Dans un contexte de fortes mutations du marché du travail, certains salariés qui souhaitent se reconvertir peuvent parfois se retrouver démunis au regard de l’évolution des technologies ou de l’organisation du travail. C’est pour venir en aide à ces derniers que la période de professionnalisation a été mise en place afin de leur permette de se former tout en continuant à travailler. L’occasion d’acquérir une qualification qui correspondra à de nouveaux besoins dans le cadre d’une reconversion professionnelle. La durée d’une période de professionnalisation est fixée à 35 heures sur 12 mois pour les entreprises d’au moins 50 salariés et à 70 heures pour les entreprises d’au moins 250 salariés. C’est l’Organisme Paritaire Collecteur Agrée (OPCA) qui finance la formation. La reconversion ou la promotion par alternance s’inscrit en complément du PDC et/ou du CPF. 

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Se reconvertir lorsqu’on est demandeur d’emploi

La reconversion professionnelle ne demeure pas une exclusivité pour les salariés. En effet, les demandeurs d’emploi peuvent aussi opter pour une reconversion professionnelle pour retrouver le chemin de l’emploi. Selon une étude de Pôle Emploi, plus d’un tiers des personnes passées par une période d’inactivité en sortent en changeant de voie professionnelle. Pour encourager cette tendance, des plans de financement de formation sont proposés par Pole emploi ou de la région : 

La formation qualifiante, dispensée par des organismes de formation publics ou privés. La formation comprend une période de stage pratique en entreprise afin de préparer le candidat entrepreneur à l’obtention de certifications relevant de différents ministères et inscrites au Répertoire National des Certifications Professionnelles (Titre pro, certificat de qualification professionnelle). Chaque année, les conseils régionaux, l’Etat et les partenaires sociaux décident des formations qui seront financées. La prise en charge du financement inclus le maintien de l’indemnité chômage du demandeur d’emploi ainsi que la prise en charge totale ou partielle des frais pédagogiques.

À ce jour, on recense également une formation via un contrat de travail en alternance. Elle permet de se former à un métier grâce à un contrat d’apprentissage (rémunération entre 53% et 78% du SMIC – selon l’âge et l’année d’étude) ou avec un contrat de professionnalisation (rémunération à 100% du Salaire Minimum de Croissance pour les plus de 26 ans).

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